Dans l'ancien calendrier de la bière, les brasseurs n'avaient le droit de brasser qu'entre la Saint Michel ( le 23 Septembre, date officielle de la levée de dormance) et la Saint Georges, le 23 Avril. Pourquoi?
Parce que l'été et la chaleur ne sont pas propices à la fabrication de la bière, tant elle a besoin de froid pour sa fabrication. C'était à l'époque une simple observation de bon sens, la bière fabriquée en été était moins bonne, voire infectée.
Il a fallu attendre la fin du 19° siècle pour voir disparaître cette coutume, avec l'apparition du froid industriel, qui a permis aux brasseurs de brasser toute l'année.
C'est de là d'ailleurs que vient le relancement de la tradition de la Bière de Mars, cette première bière sortie des caves du froid de l'hiver, était réputée la meilleure car la plus fraîchement brassée. Imaginez les mois d'attente de cette bière, on comprend pourquoi elle était tant attendue...
Aujourd'hui, les brasseurs ont abandonné cette appellation de Bière de Mars, - on se demande bien pourquoi- , et lui ont préféré l'appellation " Bière de Printemps".
Deux terminologies pourtant loin d'être incompatibles l'une avec l'autre...Mais c'est une autre histoire..
Revenons en à notre orge ...
Savez vous que nos brasseurs ont fort à faire pour utiliser leurs orges locales?
Car ces orges doivent être maltées , et ne malte pas qui veut...
Bref, saluons donc ici la ténacité de Virgile Berthiot, de la brasserie des 3 Fontaines, qui a malgré toutes les difficultés, réussit à maintenir sa démarche de matières premières locales. Il ulilise des orges maltées issues de Bazay en Plaine, des orges de Bourgogne.
Dans une logique bien compréhensible de matières premières locales.
C'est dans cet esprit qu'il fait aussi renaître les houblons de Bourgogne, des houblons bien spécifiques, qui avaient disparu dans la brasserie.